MALGACHE CHRETIEN OU CHRETIEN MALGACHE ?

Etre Malgache et être Chrétien, titulaire d’une double citoyenneté (citoyenneté malgache et citoyenneté des cieux ), peut poser un problème d’identité. Ce phénomène n’est pas original puisqu’il est courant chez les personnes rattachées à des cultures différentes, à des nationalités différentes , … Le Malgache chrétien n’est donc pas épargné par cette immense « quête d’identité » et par ce fameux « choc de culture ».

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LA QUÊTE D’IDENTITE

D’un point de vue administratif, le problème ne se pose guère. La quête d’identité que nous évoquons ici concerne l’identité spirituelle. Nul ne conteste et tous reconnaissent que le Malgache est un être de nature spirituelle. L’histoire de la civilisation malgache expose la vie et la tradition spirituelles des « Ntaolo » qui existaient bien avant l’entrée du christianisme à Madagascar. On se pose alors la question de savoir si le Malgache chrétien est vraiment titulaire d’une double identité spirituelle ? Nous allons essayer de répondre à cette question en ayant recours « au code de la nationalité des cieux » selon la bible. Non exhaustifs, les versets choisis permettent tout de même d’avoir de bons éléments de réponse à cette question. D’abord, la « nationalité des cieux » s’acquiert par la filiation. En effet, selon l’Evangile de Jean ch. 1 v. 12 à 13 :

« Mais à tous ceux qui l’ont reçu, il leur a donné le droit d’être enfants de Dieu, [savoir] à ceux qui croient en son nom ; lesquels sont nés, non pas de sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu. » Au chapitre 3, v. 5- 6-7, Jésus disait à Nicodème : « En vérité, en vérité, je te dis : Si quelqu’un n’est né d’eau et de l’Esprit, il ne peut entrer dans le royaume de Dieu. Ce qui est né de la chair est chair ; et ce qui est né de l’Esprit est esprit. Ne t’étonne pas de ce que je t’ai dit : Il vous faut être nés de nouveau. » A partir de cette nouvelle naissance, l’assurance du salut est une certitude.

Le « nouveau né » est un chrétien, un enfant de Dieu (« Car tous ceux qui sont conduits par [l’]Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu … vous avez reçu [l’]Esprit d’adoption, par lequel nous crions : Abba**, Père… L’Esprit lui-même rend témoignage avec notre esprit, que nous sommes enfants de Dieu » Rom. 8, v. 14-15-16), frère de Jésus et citoyen des cieux (« et si [nous sommes] enfants, [nous sommes] aussi héritiers ; héritiers de Dieu, cohéritiers de Christ » Rom. 8, v. 17 ).

 

Ensuite, la question qui se pose est la suivante : peut-on avoir une double nationalité spirituelle lorsqu’on est chrétien, enfant de Dieu, citoyen des cieux ? Un élément de réponse est apporté par Paul quand il a écrit les épîtres aux Galates.

Il rappelle cette nouvelle naissance et les conséquences de celle-ci sur l’identité spirituelle des chrétiens. Ainsi, est-il écrit au chapitre 3, v. 26-27-28 : « car vous êtes tous fils de Dieu par la foi dans le christ Jésus. Car vous tous qui avez été baptisés pour Christ, vous avez revêtu Christ : il n’y a ni Juif, ni Grec ; il n’y a ni esclave, ni homme libre ; il n’y a ni mâle, ni femelle ; car vous tous, vous êtes un dans le christ Jésus. » Il est donc clair que seule l’identité chrétienne est reconnue, le fait d’être Juif, Grec, Malgache ne compte plus. Il n’y a donc pas à proprement parler double identité. Spirituellement, le chrétien est seulement chrétien, il n’est ni Malgache, ni Juif, ni Grec. D’ailleurs, Paul rappelle que « … si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création : les choses vieilles sont passées ; voici, toutes choses sont faites nouvelles » ( 2 Cor. Ch. 5, v. 17). Cette nouvelle création a une nouvelle identité spirituelle, une identité unique mais suffisante à ne pas cumuler avec d’autres identités spirituelles qui font désormais partie du passé .

Hobinavalona RAMPARANY

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